Chaque ampoule, ruban ou luminaire LED a besoin d’un driver (en français « pilote » ou « alimentation LED »). Caché dans la base de l’ampoule ou dans un petit boîtier à part, c’est lui qui alimente correctement les LED. Il détermine en grande partie la qualité, la durée de vie et le confort de l’éclairage. Voici comment il fonctionne et comment le choisir.
En bref :
- Le driver convertit le 230 V alternatif en courant continu basse tension et régule le courant des LED.
- Driver à courant constant (350, 700 mA…) pour les LED de puissance ; alimentation à tension constante (12/24 V) pour les rubans.
- Un bon driver : sans scintillement, bon facteur de puissance, protégé contre la surchauffe et les courts-circuits, dimmable si besoin.
À quoi sert un driver LED ?
Une LED fonctionne en courant continu, sous une faible tension (environ 3 V par puce), et elle est très sensible aux variations : un léger excès de tension fait monter son courant en flèche, ce qui la détruit. Le driver a donc trois rôles :
- Redresser le courant alternatif du secteur en courant continu ;
- Abaisser la tension au niveau adapté ;
- Réguler le courant pour qu’il reste stable malgré les variations du réseau et de température.
Il peut aussi gérer la variation (gradation) et protéger les LED (surchauffe, court-circuit, surtension).
Driver, pilote, alimentation : quelle différence ?
Ces mots sont souvent utilisés indifféremment. En pratique :
- on parle de driver ou de source de courant constant pour les appareils qui régulent le courant (350 mA, 700 mA…) ;
- on parle d’alimentation ou de transformateur LED pour ceux qui fournissent une tension fixe (12 V, 24 V) à des rubans ou modules qui ont leur propre limitation de courant.
Les différences sont détaillées dans tension constante ou courant constant.
Comment fonctionne un driver
La résistance série (le plus simple)
Sur les petites LED et les rubans, une simple résistance limite le courant. Simple et bon marché, mais elle gaspille de l’énergie en chaleur et ne compense pas les variations de tension.
Le driver linéaire
Un régulateur ajuste le courant en dissipant l’excédent de tension sous forme de chaleur. Compact et sans scintillement s’il est bien conçu, mais moins efficace. On le trouve dans beaucoup d’ampoules bon marché (driver « sans transformateur »).
Le driver à découpage
Il « hache » le courant à haute fréquence (des dizaines de kHz) à l’aide de transistors, d’une bobine et de condensateurs, puis le lisse. Rendement élevé (souvent plus de 85 %), régulation précise : c’est la technologie des bons drivers et des luminaires de qualité.
Les critères d’un bon driver
- Sans scintillement : un courant de sortie bien lissé évite la fatigue visuelle (voir éliminer le scintillement).
- Facteur de puissance élevé (0,9 et plus pour les luminaires puissants) : voir le facteur de puissance.
- Durée de vie : les condensateurs électrolytiques sont le point faible ; les bons drivers utilisent des composants prévus pour 105 °C.
- Protections : court-circuit, surchauffe, surtension.
- Courant d’appel limité, pour ne pas faire disjoncter (voir courant d’appel).
- Indice IP adapté pour l’extérieur.
Les drivers dimmables
Tous les drivers ne se règlent pas. Les modèles dimmables acceptent différents protocoles :
- coupure de phase (variateurs muraux classiques) ;
- 1-10 V (voir gradation 1-10 V) ;
- DALI (voir système DALI) ;
- PWM ou commande sans fil pour les rubans.
Questions fréquentes
Une ampoule LED a-t-elle un driver ?
Oui, intégré dans sa base. C’est souvent lui qui tombe en panne en premier.
Comment remplacer le driver d’un plafonnier LED ?
Relevez le courant (mA), la plage de tension (V) et la puissance sur l’ancien, et choisissez un modèle identique sur ces trois points.
Un driver chauffe-t-il ?
Un peu, c’est normal. Il doit rester ventilé : un driver enfermé dans l’isolant vieillit très vite.